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Une première aux États-Unis, un salaire minimum pour les livreurs de New York et une hausse significative du salaire


La ville, où 60 000 coursiers seraient en activité, a annoncé avoir fixé un salaire horaire minimum de 18 dollars. Une première dans le pays qui pourrait faire jurisprudence.

Pour quiconque s’est promené à New York, ils sont impossibles à rater. Pédalant ou roulant à tombeau ouvert, la plupart du temps sans casque, prenant tous les risques, les livreurs essaiment partout et ressemblent à une véritable armée. Depuis la pandémie, leurs effectifs ont plus que doublé – ils seraient passés de 25 000 à 60 000, ce nombre continuant d’augmenter de façon exponentielle. Avec peu de protection sociale, ils gagnent en moyenne 11 dollars de l’heure, soit 4 dollars de moins que le salaire minimum de 15 dollars instauré à New York. Une loi ce dimanche vient corriger cette injustice. A compter du 12 juin, un salaire horaire minimum de 18 dollars a été fixé pour tous les livreurs. Et la mairie a indiqué qu’en 2025 ce salaire devrait s’élever à 20 dollars et être indexé sur l’inflation.

Avant l’instauration de cette loi, New York faisait déjà figure de précurseur, aux Etats-Unis, en matière de protection des coursiers. Ainsi, en septembre 2021, une réglementation avait été adoptée afin de desserrer l’étau qui les enchaînait aux applications. Leur contrat – quand il existait – donnait un ascendant certains aux applis, en faisant des livreurs leurs obligés, contraints de cumuler des commandes sans garantie de revenus minimum de la part de leur employeur. Si la loi de 2021 n’a pas eu un grand retentissement hors de New York, elle a toutefois produit quelques avancées comme celles de les dédouaner de l’achat de leur outil de travail – le sac isotherme –, d’imposer aux restaurants d’avoir des toilettes pouvant les accueillir, et d’avoir la possibilité de refuser des livraisons dans des endroits qu’ils jugeraient dangereux pour leur sécurité.

«C’est énorme et même historique»

VIDEO: Uber Eats, New York 5h a velo Combien ca paie ??
La Terrence

Sans surprise dans un pays où les travailleurs sont peu protégés, cette obligation de salaire minimum a suscité une levée de boucliers de la part des entreprises. Interrogée par le New York Times, Kristin Sharp, la directrice générale de Flex, une association qui représente les principales applications de livraison (DoorDash, Uber Eats, Instacart) se montre particulièrement critique. Selon elle, cette revalorisation de salaire va engendrer une augmentation des frais de livraison pour les clients et une probable diminution des pourboires pour les travailleurs. Des coûts additionnels qui pourraient, selon elle, asphyxier le milieu, réduire la demande et, pour freiner l’augmentation de leurs charges, des applications pourraient limiter l’accès de certains livreurs qui ne s’y connectent que sporadiquement.

Pour Ligia Guallpa, directrice générale du Worker’s Justice Project, un groupe d’avocat spécialisé dans le droit des travailleurs qui a défendu cette loi, cette mesure représente une réelle avancée pour une profession souvent précaire : «C’est énorme et même historique pour toute une activité qui ne bénéficiait jusqu’alors d’aucune protection, a-t-elle déclaré au New York Times. Ça aura un impact significatif sur les travailleurs et leurs familles

Pression des lobbys

VIDEO: Un jour avec les livreurs de New York
Brut

Alors que 42 % des livreurs estiment avoir été sous-payés, voire pas payés du tout, que 45 % affirment avoir eu un accident durant leur temps de travail et qu’un peu plus de 75 % témoignent avoir utilisé leurs propres deniers pour payer leurs assurances maladies, des changements plus en profondeurs étaient néanmoins attendus, notamment concernant les dépenses de santé ou les protections sociales qui restent à la charge des livreurs.

Pour Brad Lander, un membre de l’équipe municipale, cette loi reste insuffisante et a été, selon lui, édulcorée sous la pression de plus en plus prégnante des lobbys. Il affirme au New York Times que le salaire minimum sera, in fine, plus proche des 13 dollars que des 18 promis par la mairie car lorsque les coursiers se connecteront à plusieurs applications en même temps – ce qu’ils font souvent pour pouvoir gagner suffisamment d’argent – des frais supplémentaires leurs seront facturés. De quoi réduire le gain réel attendu avec cette nouvelle mesure qui fait débat parmi les différents acteurs. Tous conviennent néanmoins qu’il s’agit d’un premier pas.

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Author: Kathryn Wong

Last Updated: 1703939161

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